Pourquoi Noël ne tombera jamais à Pâques
par Magdaléna Morisset | samedi 24 décembre 2005 | article lu 620 fois
Les fêtes de fin d’année sont comme des bouffées d’air frais durant l’hiver. Pendant un court instant nous mettons de côté nos préoccupations quotidiennes pour festoyer. Cependant savons-nous ce que nous fêtons le 25 décembre? La réponse semble évidente et pourtant pas tant que ça ! Noël fête commerciale, religieuse, païenne, familiale ! Un rapide voyage dans l’histoire du 25 décembre...
va nous expliquer comment une seule journée peut-être tout à la fois.
Pour certains, le 25 décembre correspond à l’ouverture des cadeaux que le Père Noël a si généreusement apporté, pour d’autres c’est l’occasion de faire un bon festin en famille avec la traditionnelle dinde et ses marrons. Avons-nous oublié quelque chose ? Le 25 décembre est le jour de Noël dont l’étymologie latine est «(dies) natalis» jour de naissance.
Le 25 décembre, c’est l’anniversaire de Jésus. Dans la Bible nous ne trouvons pas la date de naissance de Jésus. Cette date fut choisie par le pape Liberus en 354. Après la conversion en 312 de l’empereur Constantin, la religion chrétienne s’installa petit à petit dans l’empire romain. En effet, Constantin grâce à l’édit de Milan en 313 instaura la liberté de culte. Enfin, le christianisme devint la religion officielle de l’empire sous Théodose en 391-392, qui proscrivit les rites païens.
Le 25 décembre a été choisi à juste titre, pour détourner définitivement le peuple romain de ses fêtes idolâtres. Puisque le 25 décembre avant d’être le jour de la naissance du Christ était le jour de la naissance du solstice d’hiver ! A partir de ce jour-là, les jours se rallongeaient, ce qui procurait de l’espoir aux hommes. Le peuple romain organisait des fêtes en l’honneur du soleil. Les romains possédaient même un temple dédié au dieu soleil qui vainc la nuit chaque matin. En décembre, le peuple romain disposait de deux fêtes qu’il affectionnait tout particulièrement : les saturnales et le culte de Mithra.
Les Saturnales « Les saturnales étaient synonymes de paix, de festivité et de liberté. »
Les saturnales, fête de Saturne se déroulaient du 17 au 24 décembre. Saturne est le dieu des semailles et de l’agriculture. Chassé du ciel par Jupiter, il se réfugia dans une région d’Italie où il établit un royaume prospère et pacifique. Cette période correspond à l’âge d’or. Pendant les saturnales, les romains revivaient cet âge d’or. Ils abolissaient les classes sociales et les guerres étaient suspendues. Les saturnales étaient synonymes de paix, de festivité et de liberté. Le 24 décembre, les parents avaient l’habitude d’offrir des cadeaux à leurs enfants et de décorer les maisons avec du gui et des plantes vertes.
La tradition des saturnales ne se perdit pas, on la retrouve au Moyen-âge dans la fête des Fous. Cette fête se déroulait soit le jour de Noël, le Jour de l’An ou le jour de l’épiphanie. Les valeurs sociales étaient renversées: les esclaves occupaient la place des maîtres et vice versa. La religion catholique était bafouée, et les orgies étaient monnaies courantes. Cette fête était un exutoire pour le peuple qui traversait des hivers rigoureux, des famines et des épidémies. Au XV e siècle, elle fut interdite.
Le culte de Mithra « Le dieu soleil venait au monde le 25 décembre sous la forme d’un nouveau-né. »
Mithra est un dieu d’origine indo-persanne, son nom signifie en védique « ami ». Mithra symbolisait la perfection et la lumière solaire. Mithra ne fait pas parti des divinités romaines, il a été importé par l’intermédiaire des esclaves et des soldats romains. Le culte de Mithra se répand très rapidement dans l’empire romain, jusqu’à devenir la religion officielle en 274 sous l’empereur Aurélien. De plus la date de la célébration de son culte est fixée au 25 décembre. Mithra représentant de la lumière solaire, combat les ténèbres et renaît le jour du solstice d’hiver. C’est le jour du « sol invictus » soleil invincible. En l’honneur de Mithra, on sacrifiait un taureau et on répandait son sang dans les champs pour fertiliser la terre. Ce sacrifice correspondait aussi à la naissance du dieu solaire sous la forme d’un nouveau-né. Le mithriacisme avait une telle notoriété que les Pères l’église catholique durent surnommer le Christ « soleil de justice » pour remplacer Mithra.
Grâce à ce rapide voyage dans le temps, nous voyons que le 25 décembre pour le peuple romain était déjà une fête commerciale et familiale. Les parents offraient des cadeaux, les maisons étaient décorées et ils festoyaient. En revanche, ils célébraient le dieu soleil, alors que notre société christianisée depuis le IVe siècle fête la naissance du Christ.
Alors, avons-nous raison de fêter Noël le 25 décembre?
Magdaléna Morisset
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Le dimanche 6 janvier 2008 à 00:10, par Renaud :: #