Il attend de longues heures, une mère qui ne reviendra jamais.Rejeté par sa mère, Stephen a peur. Une question lui taraude l’esprit: Qu’a-t-il fait de mal pour mériter ça? A partir de ce moment, Stephen commencera à se haïr.

Stephen, jeune Africain, né en 1942 au Zimbabwe, a enduré toutes les souffrances. L’apartheid, la violence physique ou verbale ont été le lot quotidien de ce jeune garçon qui a grandi dans la rue. Il dormait sous des ponts et ses repas provenaient des poubelles des blancs.

Stephen ne voyait pas d’issue à son malheur. Sa vie était détruite, avant même qu’elle ne soit commencée. “Ma mère me détestait. Mon père me détestait. Je me détestais aussi. Je n’étais utile à personne et n’avais plus le courage de vivre davantage.” p. 42. Arrivé à l’âge de l’adolescence, la violence était son moyen de communication et son gang était son seul refuge. Tuer les blancs, les envahisseurs était le credo de son gang.

Un soir, des missionnaires blancs s’étaient réunis sous une tente pour parler de leur Dieu. Un coup facile, quelques bombes. Mais c’était sans compter sur Dieu. En effet, Stephen ne le savait pas, il avait rendez-vous avec Jésus. Il a écouté le pasteur parler de la vie de Jésus. “Ce Jésus, semblait-il, avait vécu il y avait longtemps et il lui était arrivé beaucoup de choses. Il n’était pas un grand chef, il vivait au contraire dans la pauvreté et l’humilité. Il faisait partie d’une race opprimée, comme nous... Pourtant il possédait une puissance extraordinaire et connaissait le secret de la vie.” p. 69.

Ce soir-là, Stephen n’a pas lancé ses bombes, il a rencontré quelqu’un qui se souciait de lui et qui l’aimait. C’était Jésus. Un verset en particulier a bouleversé le cœur de Stephen: “Mon père et ma mère m’abandonnent, mais l’Éternel me recueillera.” Psaume 27, verset 10.

Dès lors, Stephen s’est mis au service de Jésus, dans les bus ou sur les places, il témoignait. Par ailleurs, les missionnaires l’ont accueilli chez eux. Pour la première fois de sa vie, Stephen avait une famille. Des blancs qui prenaient soin de lui et qui le considéraient comme leur égal. Après avoir vécu la discrimination raciale, Stephen se demandait si ses nouveaux amis n’étaient pas un peu fous!

Toutefois, le message de l’Évangile est une folie pour les hommes. Dieu aime tous les hommes, sans distinction. Aujourd’hui, Stephen Lungu est un évangéliste mondialement connu. Le récit de sa vie démontre bien que l’amour de Dieu efface toutes les rancœurs et toutes les humiliations. Sa biographie est un message d’espoir pour tous les exclus, les mal-aimés. Le lecteur est témoin que Dieu rétablit les vies brisées par la cruauté des hommes.

Stephen Lungu et Anne Coomes, Cet Amour qui m’a guéri Histoire d’un combattant de la liberté, les éditions l’eau vive, Genève,1996, 202 pages.

Magdaléna morisset