Je me méfie fortement de toutes ces tentations qui veulent s'imposer à moi et forcer ma capacité de choix. Pourquoi afficherais-je ma "rébellion" comme certains jeunes qui ne portent rien d'autre que des chaussures "de marque" ironiquement assemblées au Vietnam par de pauvres adolescentes aux mains brûlées par les solvants chimiques? Pourquoi me laisserais-je tenter par un prix mensonger de "99,99 euros" alors que je sais bien que ce produit se situe dans la gamme psychologique des 100 euros? Serais-je naïf au point de croire que je vais pouvoir faire quelque chose de la piécette qu'on me rendra en échange de mon billet?

Passent les fêtes et les saisons, les Noël et les Pâques, les Saint Valentins et les Fêtes des Mères, je refuse le viol psychique que veulent pratiquer les apôtres du nouveau marketing sur ma liberté de choix. Et si je m'aventure dans leur antre, je déambule les yeux fermés dans le parcours imposé de leurs labyrinthes commerciaux, m'en tenant strictement à ma liste, détaillant les prix au poids, préférant les articles les moins manufacturés et pour les fruits, au risque de vous choquer, je les prends de saison et de préférence israéliens: ce sont les meilleurs !

Je suis, comme vous sans doute, de plus en plus harcelé par des démarcheurs à domicile. Je les éconduis toujours poliment, mais très fermement. Une fois nous avons souscris à l'un de ces "clubs du livre" dont je tairai le nom. Il nous a fallu près d'un an pour nous défaire de ce "fil à la patte".

Mais la tendance actuelle est au harcèlement téléphonique qui ne dit pas son nom. Qu'ils se nomment "téléopérateurs", "téléprospecteurs", "télévendeurs" ou "téléacteurs", ces esclaves d'un nouveau genre inondent chaque jour d'appels les honnêtes gens dont le seul tort est de figurer en clair dans les annuaires téléphoniques. Exploitant, pensent-ils, un vide juridique, ils nous assurent que nous avons gagné un prix, une remise ou un service à venir retirer dans tel magasin.

Pratiquement chaque jour ouvrable de la semaine nous sommes ainsi sollicités par téléphone et ma réponse, en attendant que les autorités appliquent les recommandations légales édictées par la CNIL et que les démarcheurs téléphoniques se plient aux exigences des "listes oranges", est toujours la même. Je vous invite à l'apprendre par coeur et à la réciter avec moi, afin de préserver notre quiétude et d'aider les pauvres gens qui doivent avoir bien des bleus à la conscience pour accepter de tels emplois: "Je vous remercie, mais par principe je ne réponds jamais à aucune offre commerciale non sollicitée. Je vous engage à cesser d'utiliser ce numéro et en vertu de la Loi Informatique et Libertés, à me retirer de votre base de données. Toute utilisation forcée de ce numéro pourrait s'apparenter à du harcèlement et être puni par la loi. Au revoir."

N'êtes-vous jamais tourmenté par la culpabilité après avoir cédé aux "sirènes" de la tentation commerciales? Il dit vrai ce livre écrit voici plus de 2000 ans, la Bible: "Chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu'elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort". "Laissez-vous attirer par ce qui est humble". "Si nous avons de quoi manger et de quoi nous habiller, cela nous suffit". "Soyez sobres". "Contentez-vous de ce que vous avez".