Chercheur, citoyen et chrétien dans la cité, Sébastien Fath s'explique
par Ricardo Matalbert | vendredi 17 mars 2006 | article lu 1486 fois
Chercheur au CNRS, spécialiste des questions relatives aux "évangéliques", Sébastien Fath est aussi chrétien. Il a bien voulu clarifier pour nous quelques points...
Avant cet entretien, vous avez demandé à être vouvoyé, alors que je n’ai pas cette habitude avec ceux et celles que j’interviewe. Pourquoi ?
Le tutoiement je l’accepte très volontiers dans le cercle de la famille, dans le cadre d’une amitié ou d’une camaraderie professionnelle, ou encore dans le contexte d’une Église locale. Mais ici, nous ne sommes pas dans ce cas de figure, et je parle en tant que chercheur au CNRS, non pas en tant qu ’ « individu Sébastien Fath ». Quand j’interviens en tant que chercheur, le vouvoiement est quasiment une obligation professionnelle, car il sert à montrer cette distinction : dans l’entretien, c’est le rôle public du chercheur qui est en jeu, pas la personne privée. Il m’est arrivé d’être interviewé par des personnes que je connais fort bien, et que je tutoie dans le privé. Mais dans l’entretien de type professionnel, le vouvoiement s’impose, sauf peut-être quand on passe chez Karl Zéro (mais Karl Zéro est-il forcément un modèle d’intervieweur ?).
Mais si vous êtes chrétien, ne peut-on pas se tutoyer en chrétiens ? Un chrétien est un témoin, il ne s’abrite pas derrière le vouvoiement…
Sur ce sujet, que les choses soient claires : je ne suis pas évangéliste, je suis chercheur au CNRS. J’interviens ici de manière laïque, dans le cadre de ma profession. Je refuse la dérive communautariste qui consisterait à évaluer les gens, dans l’espace public, à partir de leur engagement religieux ou de leur rattachement confessionnel. Mon travail n’est pas de faire du prosélytisme ou de l’apologétique chrétienne, mais d’apporter une analyse sociohistorique de type scientifique, fondée sur la critique des sources, les outils d’analyse de l’histoire et de la sociologie, et des preuves factuelles. Au CNRS ou à l’Université, ces méthodes sont les mêmes pour tous. Quelles que soient les origines des uns ou des autres, nous faisons le même métier, sans mélanger convictions personnelles et travaux de recherche. Dans le cadre de ma vie professionnelle comme de mon engagement citoyen, je suis résolument laïque et républicain. Pour moi, cela signifie entre autres que la valeur d’une pensée ne dépend pas de l’étiquette religieuse ou communautaire de l’individu, mais du sérieux de son argumentation. Quand on achète une baguette, peu importe que le pain soit bouddhiste, chrétien ou communiste. Ce que l’on attend, c’est du bon pain. Il en est de même pour les productions scientifiques. L’origine idéologique ou religieuse du chercheur ne détermine pas la valeur du produit, ce qui compte, c’est la qualité du travail proposé aux citoyens. C’est pourquoi je ne me définis pas comme un chercheur chrétien. Lorsque je lis ici où là qu’on m’étiquette en fonction d’une appartenance religieuse, cela me déçoit toujours, car ce marquage illustre une très mauvaise compréhension de la laïcité, et de ce qu’est mon travail. Je suis chercheur au CNRS, et je suis aussi chrétien, mais en respectant le fait qu’il s’agit de plans qui ne se superposent pas. Dieu et César, ce n’est pas la même chose. En République, il est hors de question (et tant mieux !) qu’un chercheur défende une position confessionnelle ou des opinions personnelles. S’il le fait, c’est qu’il fait très mal son travail, et qu’il trahit la confiance de son employeur. Il apparaîtra aussi comme un représentant qui parle pour sa communauté, et sa parole sera du coup déconsidérée dans l’espace public. Dans un raisonnement à courte vue, plaquer à tout bout de champ une étiquette confessionnelle ou idéologique à un scientifique, cela fait plaisir à sa communauté d’origine. Le réflexe tribal : « Il est des nôtres ». Mais dans une perspective plus large, agir ainsi, c’est le meilleur moyen de détruire sa crédibilité dans le reste de la société.
Comment vivez-vous cette tension entre convictions chrétiennes et travail scientifique ?
À propos des protestants, le sociologue Max Weber a mieux décrit que moi, il y a un siècle, en quoi l’appel du chrétien en société, c’est de faire le meilleur travail possible. Or, le meilleur travail possible, pour un chercheur au CNRS, c’est une analyse distanciée, dépassionnée, informée et rigoureuse, utile à la société pour la qualité de sa recherche. Comme tous mes collègues, je respecte cette exigence du mieux que je le peux et c’est la moindre des choses. Cette « éthique sans étiquette », je la défends haut et fort car elle permet à tous de travailler pour le bien commun. Cette approche laïque n’est pas anti-religieuse, comme certains le croient (même s’il peut exister des dérives laïcistes). Je dirais même qu’elle peut avoir des racines religieuses : en refusant catégoriquement l’idée d’un royaume terrestre, on peut se demander si le Jésus-Christ des Évangiles n’annonce pas davantage 1905 qu’une théocratie temporelle ! Elle constitue aussi une protection pour les religions. Imaginez qu’on se remette à étiqueter les gens dans l’espace public : cela nous ramènerait au temps de Vichy, ou du Roi Soleil, avec la mise à l’index de tous ceux qui n’ont pas l’étiquette majoritaire ! Ce serait la fin de la République, qui emporterait dans sa chute beaucoup de petits groupes culturels et religieux qui jouissent, grâce à elle, de la liberté. Je suis de ceux qui pensent qu’il n’y a rien à craindre de la laïcité. Les principes de liberté de conscience et de pensée, la séparation des Églises et de l’État, la neutralité de ce dernier en matière religieuse, tout ceci j’y suis très attaché.
S’il fallait changer des choses, c’est plutôt dans le sens d’un renforcement de la laïcité qu’il faut travailler, et non pas dans le sens d’un affaiblissement. Deux exemples : en tant que citoyen, je milite pour l’abolition du Concordat en Alsace-Moselle (il n’y a aucune raison valable de financer une partie des religions de l’Est de la France au détriment du principe d’égalité). Je suis aussi favorable à la rétrocession des lieux de culte pré-1905 aux religions, à charge que ces dernières les entretiennent à leurs frais (ou les vendent si elles n’en ont pas les moyens). Actuellement, ces lieux de culte sont en principe propriété de l’Etat ou des communes, mais en pratique ils sont mis à disposition des Églises. Que l’argent du contribuable serve à subventionner l’entretien de ces édifices religieux au détriment des plus récents (qui ne bénéficient d’aucune subvention publique) n’est pas très républicain. Ces réformes (il y en aurait d’autres) rendraient les professions de foi laïque françaises moins hypocrites, plus cohérentes avec les propres principes de notre laïcité. Ceci précisé, mon attachement à la laïcité ne veut évidemment pas dire qu’il me faille renoncer à la foi chrétienne. On peut parfaitement être laïque et avoir des convictions religieuses ! Avec beaucoup d’autres, je me situe dans ce cas de figure et je me reconnais dans l’identité chrétienne, ancrée dans l’enseignement de Jésus-Christ. C’est mon fondement. S’il fallait rajouter un sobriquet, je prendrais volontiers celui d’hérétique, au sens de Bossuet : « l’hérétique est celui qui a une opinion ».
Pouvez-vous préciser ?
En accord avec la tradition protestante à laquelle je me rattache, je refuse l’idée qu’une chapelle, quelle qu’elle soit, prétende avoir l’exclusivité de la vérité divine, et interdise au lecteur de la Bible une « opinion » différente. Attention : cela ne veut pas dire que tout se vaut. Simplement, je crois qu’il n’y a pas de recherche de vérité sans liberté. Cette conviction, je ne la vis pas en solitaire. Je crois à l’importance d’un ancrage : j’ai découvert et fréquenté beaucoup de communautés religieuses, y compris une communauté jésuite, au Caire, durant deux ans (1993-1995). Actuellement, et depuis longtemps, c’est dans une Église évangélique baptiste de Picardie, rattachée à la Fédération Protestante de France, que je pratique en famille mon protestantisme. Sur le plan religieux, je me définirais d’abord comme chrétien avant d’être protestant, et comme protestant avant d’être baptiste. Dans cette dernière identité, malgré ses nombreux défauts, j’apprécie, outre l’enseignement chrétien bien-sûr (qui n’appartient pas aux baptistes), la tradition d’autogestion démocratique, le goût du débat, le respect de la démarche de foi individuelle, et une très ancienne exigence de séparation des Églises et de l’État (depuis le XVIIe siècle). L’extraordinaire diversité interne de ce milieu n’est pas non plus pour me déplaire. S’il faut choisir entre Pat Robertson et Jimmy Carter, il est clair que je choisis Jimmy Carter, ou même Bill Clinton (tant pis si je choque certains), mais il me plaît de voir que des positions très opposées ont droit de cité sous la tente baptiste car l’uniformité, c’est le début du totalitarisme.
Votre nom est de plus en plus cité dans les médias. N’avez-vous pas l’impression parfois de vous faire avoir, avec pour résultat des propos déformés ?
C’est un risque à courir. À deux ou trois reprises sur les huit dernières années, j’ai eu l’impression, en effet, de me ‘faire avoir’, comme vous dites. Mais dans la très grande majorité des cas, ce n’est pas cela. Il ne faut pas diaboliser les journalistes. La grande majorité d’entre-eux font leur travail honnêtement, dans des conditions délicates, à la merci de l’actualité. Ce n’est pas un métier facile, et ceux qui ont pour tâche d’informer les citoyens méritent notre respect. Pour ma part, j’ai choisi de courir le risque de la communication, car cela en vaut la peine. J’ai pour ligne de conduite d’être ouvert (suivant mes disponibilités) à toutes les demandes, dès lors qu’elles respectent un minimum de déontologie de l’information. J’ai eu le privilège d’être publié dans les Inrockuptibles et Famille chrétienne, dans Le Monde et Le Figaro, Actualité Juive Hebdo, Témoignage Chrétien, Réforme ou maintenant VoxDei. Je suis ouvert à tous les médias. Ce n’est jamais en vain qu’on communique. Prenez le terme d’ « évangéliste ». Il y a cinq ans, la quasi-totalité des journalistes faisait la confusion entre « évangélique » et « évangéliste ». Aujourd’hui, après un gros effort d’explication, on est tombé à 50% des journalistes, voire même moins. Cela montre bien qu’en communiquant, on obtient des avancées en terme de connaissance. Le prix à payer n’est pas négligeable : risque d’être coupé (souvent), d’être déformé (parfois). Il arrive aussi (cela m’est arrivé récemment) qu’en voulant résumer un entretien de 3/4 d’heure en quelques lignes publiées, on caricature sur certains points votre pensée en gommant les nuances. C’est toujours embêtant de se voir attribuer une phrase qu’on n’a pas prononcée telle quelle… Mais je le répète, le jeu en vaut la peine.
Je voudrais maintenant parler de votre livre ‘Du ghetto au réseau’. Quelle méthodologie avez-vous employé pour avancer le chiffre de 350 000 évangéliques en France?
J’explique ma méthodologie à la page 215 de mon livre. Comme tous les chercheurs, je suis bien obligé de partir des statistiques fournies par les Églises. Je les recueille dans leurs annuaires. Puis je tiens compte du degré de fiabilité et du degré d’exigence professante. J’entends par là qu’il est toujours nécessaire, en milieu évangélique, d’intégrer l’idée de cercles d’appartenance. Au-delà des membres inscrits (les seuls retenus dans la plupart des statistiques d’Églises évangéliques), il y a les enfants, les adolescents, et des fidèles qui pour une raison ou une autre (refus du baptême par immersion par exemple) ne sont pas membres inscrits. Pour l’Église, ces personnes n’ont pas d’existence statistique, mais pour l’historien, le sociologue et le journaliste, il faut en tenir compte, sinon comparer les chiffres évangéliques avec les chiffres catholiques ou réformés (qui intègrent les non-pratiquants) n’a plus aucun sens. D’où le recours à un coefficient multiplicateur, variable suivant les milieux évangéliques. Un exemple : les statistiques de la Mission Évangélique Tzigane (MET) étant réputées peu fiables, et la culture professante souvent peu prononcée, j’ai renoncé dans ce cas à affecter les statistiques MET d’un coefficient. En revanche, j’ai multiplié les statistiques de la Fédération Baptiste par un coefficient de trois (environ 6500 membres inscrits, environ 20.000 fidèles comptés). Je l’ai fait aussi pour d’autres groupements du même type. Vous avez là l’essentiel de ma méthodologie, même si, pour être plus précis, il faudrait consacrer à cette question un article universitaire ! Au total, j’aboutis, en additionnant tous les groupes, à 350.000 évangéliques français (en intégrant bien-sûr les Antillais), auxquels il faut ajouter 45.000 évangéliques d’immigration étrangère (africaine, chinoise, coréenne, vietnamienne etc.).
A la page 216 de votre livre, vous annoncez 45.000 évangéliques membres "d'églises ethniques". Mais un peu plus loin, page 250, vous concédez que les chiffres seraient bien plus élevés, et vous parlez de 600 000 évangéliques. D'après le magazine congolais "Amen", la diaspora africaine serait estimée à 600 000 personnes (fourchette basse), rien qu'en région parisienne, et 40% d'entre eux seraient évangéliques. Que vous inspirent ces chiffres?
Vous me prêtez des propos imaginaires ! Je n’ai jamais parlé de 600.000 évangéliques. Relisez mon livre ! Il y a quelque temps, j’ai lu ces estimations fantaisistes sur votre site (VoxDei), et dans un courriel privé adressé à Pierre-Patrick Kaltenbach (qui avait plus ou moins repris vos évaluations), je me suis emporté contre ces déformations. Je regrette que ce courriel ait été publié sans mon accord sur son blog (il a depuis publié une mise au point, à ma demande), mais sur le fond, je maintiens ma réaction : il n’est pas sérieux de parler de 600.000, voire de 830.000 évangéliques en France. À quelques milliers près, je crois que les statistiques que j’avance sont justes. Concernant les Églises africaines, je suis conscient de leur progression. Il s’agit d’ailleurs d’un phénomène très intéressant, car il est en train de modifier l’image de l’évangélique type. À cause de l’influence missionnaire des Etats-Unis, on prête souvent à la voix évangélique l’accent de l’Oncle Sam. Cela repose sur une réalité, mais je crois qu’il ne faut pas sous-estimer aujourd’hui la montée du Sud, et de l’Afrique en particulier : demain, qui sait si l’Oncle Sam ne va pas s’effacer devant l’Oncle Tom ? Sur la scène chrétienne, les descendants d’esclaves montent en puissance. Mais de là à parler de 40% d’évangéliques dans la diaspora africaine en France, il y a une marge que je ne franchirai pas. Gare à la ‘gonflette’. Le nombre de lieux de cultes africains que l’on connaît ne permet pas de défendre des chiffres aussi élevés. Et si 40% des Africains immigrés en France étaient vraiment évangéliques, comment expliquer leur invisibilité totale lors des émeutes urbaines de novembre 2005 (où beaucoup d’immigrés africains ont été impliqués) ? Pour ma part, j’en reste à une estimation d’environ 30.000 évangéliques africains en France (ce qui est déjà beaucoup). À ceux-ci s’ajoutent les évangéliques français issus de l’immigration africaine (ce n’est pas pareil) et les Antillais, dont j’intègre naturellement les statistiques à l’intérieur des 350.000 évangéliques français que je comptabilise.
Les Églises évangéliques ont toujours dû faire face à l’humanisme et au libéralisme. Aujourd’hui, ne sont-elles pas perméables à ces tendances ? Quand on regarde le Défi Michée, qui part d'une excellente initiative, ne croyez-vous pas qu'il peut étouffer l’objectif premier, l'annonce de l'Evangile? Dans le même ordre d’idée, que penser des positions de la Fédération Protestante de France ? Vous dites dans votre livre que les évangéliques représentent 75% des protestants français. Est-ce que les positions de la FPF ne devraient pas plus refléter cette réalité ?
Si l’on approuve l’idée selon laquelle le succès et l’élargissement provoquent des accommodements, alors oui, je dirais que l’essor évangélique actuel est de nature à développer les ponts avec les valeurs du moment, y compris aujourd’hui avec celles que vous qualifiez d’humanistes et de libérales. L’histoire nous donne de nombreux exemples de cet accommodement, pour le meilleur ou pour le pire. Dans le Sud des Etats-Unis, lorsque les évangéliques sont devenus peu à peu majoritaires, ils ont perdu leur élan non-conformiste d’origine, et en sont venus à soutenir l’ordre dominant, y compris l’esclavage et l’autorité patriarcale la plus conservatrice. Aux USA les évangéliques, majoritaire, en étaient venus à soutenir l'esclavage...Leur caractère professant (Églises de convertis qui ont témoigné de leur foi) s’est aussi beaucoup atténué. C’est un exemple qui peut faire réfléchir. D’un autre côté, entrer en dialogue avec la culture dominante n’a rien, en soi, d’une menace pour l’identité évangélique. Tout dépend la manière dont on procède. L’itinéraire évangélique compte d’innombrables exemples de dialogues féconds avec la société ambiante. Pour reprendre l’exemple de l’esclavage, c’est en partie à un chrétien évangélique britannique, William Wilberforce (1759-1833), que l’on a dû des avancées significatives dans la lutte pour l’abolition. Vous parlez du Défi Michée. Il me semble, à lire l’Ancien et le Nouveau Testament, que le défi de la misère ne saurait rendre indifférent le Dieu des chrétiens. Que des protestants évangéliques se mobilisent sur ce terrain me paraît donc dans la ligne de leur identité religieuse. Les Églises évangéliques ne se réduisent pas à des citadelles ou des sentinelles, elles sont aussi des passerelles, y compris dans le domaine social. À partir de là, tout est question de hiérarchisation. Si la lutte contre la pauvreté se substitue complètement à toute annonce de l’Évangile, alors oui, on s’éloigne de la tradition évangélique, pour prendre le chemin de la sécularisation. Plusieurs œuvres protestantes, y compris (à certains égards) l’Armée du Salut, ont suivi cette route : en gros, d’une priorité à la conversion vers une priorité au social. Mais cette pente n’a rien d’inévitable. Comme dit Francis Cabrel, c’est « une question d’équilibre ».
Enfin, je termine par un mot sur la Fédération Protestante de France. Je n’ai pas à dire si elle « doit » ou ne « doit » pas refléter la réalité évangélique. Ce que je constate et que j’analyse, en revanche, c’est qu’en vingt ans, la FPF s’est considérablement élargie aux évangéliques. Ses trois derniers secrétaires généraux sont évangéliques, et son président actuel, Jean Arnold de Clermont, s’est révélé d’une parfaite loyauté à l’égard des évangéliques, même lorsque ceux-ci n’appartiennent pas à la FPF (et qu’ils ne se privent pas de la critiquer). Quant à l’avenir, il sera ce que les protestants en feront. Les nombreux évangéliques actuellement en-dehors de la FPF voudront-ils jouer le jeu protestant fédératif ? Réformés et luthériens sont-ils prêts à les accueillir en masse ? Comment concilier les étiquettes identitaires et l’esprit fédératif ? Ceci nous ramène à la notion de « passerelle ». L’héritage historique des évangéliques français (profil du ghetto marginalisé) les a parfois conduit à surinvestir la dimension de « citadelle ». Mais, au côté des carrefours évangéliques (AEF, FEF, CNEF), l’exemple de la FPF illustre l’actualité de réseaux qui décloisonnent et jettent des passerelles. Ce n’est pas une panacée, cela peut être risqué, cela demande certainement du discernement, mais dans le monde multiculturel et globalisé d’aujourd’hui, c’est certainement plus porteur que le repli sur soi.
Réalisé par Nicolas Ciarapica
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par Ricardo Matalbert | Société |
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Le samedi 25 mars 2006 à 17:01, par eben :: email :: site :: #