Le latin langue morte, mais bien vivante parmi les noms de marques
par Magdaléna Morisset | jeudi 23 mars 2006 | article lu 3824 fois
rosa, rosam, rosae... Nos déclinaisons ne sont-elles que de vieux souvenirs? Face à la suprématie de l’anglais, franchement soyons réalistes le latin est complètement désuet. Eh bien non, le latin est toujours bien vivant et plus particulièrement dans le monde des affaires et le choix des noms de marques.
Par exemple, le latin est omniprésent quand vous faites vos courses au supermarché: la crème Nivea “blanche comme neige”, les jeux Lego “j’assemble”, les boules Quies “le sommeil”, les équipements ménagers Calor “chaleur”, les encyclopédies Quid “Quoi?”… Et cette liste est loin d’être exhaustive! Ces marques sont tellement célèbres qu’elles se sont affranchies de leur origine sémantique. Elles font partie de notre paysage quotidien, nous avons donc oublier leur signification.
Le latin est une langue internationale dans le monde des affaires. Premièrement, le latin a l’avantage de regrouper dans un seul mot le pronom personnel et le verbe. Depuis fin 2003, le nouveau nom du groupe d’édition Vivendi Universal Publishing est Editis “vous éditez”. Ce nouveau nom a le mérite d’être beaucoup plus court et plus explicite pour les consommateurs.
Deuxièmement, le latin a un atout majeur pour les sociétés internationales: la facilité de sa prononciation. Un Français, un Allemand comme un Anglais peuvent formuler sans difficulté Aventis, nouveau nom qui résulte de la fusion en 1999 entre Rhône Poulenc et Hoescht ( imprononçable).
L’atout majeur de la prononciation est confirmé par Catherine Veillé, directeur général d’Insight Marques, “Il est clair que lorsqu’on veut être compris internationalement, l’alternative est entre l’anglais et le latin.” Mme Veillé est la créatrice du nom Moneo , le porte monnaie électronique. Même le fabricant japonais Sony n’échappe pas à cette règle. Pour envahir le marché international, avoir un nom court et significatif (sonus “le son”) est un bon départ.
Cependant, la filière automobile est la première à avoir exploité la richesse de la langue latine. Le fameux Bibendum de Michelin, bonhomme fabriqué en pneus, a été créé en 1898. Bibendum signifie“en buvant”. Vous vous demandez quel est le rapport avec les pneus? C’est l’idée d’un publiciste qui a dessiné l’homme-pneu en train de boire une coupe de tessons de bouteilles tout en s’écriant Nunc est bibendum! “C’est maintenant le moment de boire!”, traduit pour la publicité par “le pneu Michelin boit l’obstacle!” Et voilà comment un de nos plus anciens symboles publicitaires est venu au monde! Plus simplement, le constructeur suédois a choisi en 1920 le nom Volvo “je roule”.
Enfin, l’équipementier Valeo est très fier de ses origines latines qu’il commente sur son site Internet: “Valeo signifie en latin: “Je vais bien.” Les Romains se saluaient ainsi, en témoignent les épîtres de Cicéron: “Si vales, bene est; ego valeo.”( Tu vas bien; je vais bien aussi.)" Après une telle explication, le consommateur a immédiatement confiance dans les capacités de Valeo.
Le latin revient donc à la mode? Plus simplement nous pouvons conclure en disant que la langue de Sénèque et de Virgile a traversé les siècles et a encore un bel avenir devant elle.
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par Magdaléna Morisset | Société |
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