Parce que ce genre de conflit est courant, une des façons les plus concrètes d'aider mon prochain consiste à lui donner les moyens d'y faire face de la bonne manière. J'ai constaté que les principes suivants s'avéraient efficaces :

1- Identifier la nature du conflit

Il arrive que je sois en conflit parce que j'ai péché ou subi le péché. Dans ce cas-là, je peux conseiller de rechercher le pardon en suivant le processus prôné dans Matthieu 18 :15-17 « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. Mais s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Eglise ; et s'il refuse aussi d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. »

Mais bien souvent, c'est à cause de "l'autre", de celui qui « pousse le bouchon » trop loin, que j'entre en conflit. Nous savons tous comment cela fonctionne. Un conjoint ou un colocataire oublie régulièrement de nettoyer le plan de travail de la cuisine en laissant des miettes qu'il me revient de nettoyer, bien sûr ! Un ami me parle sur un ton "brut de décoffrage", bien différent de mon approche empreinte de tact. Ces comportements ne sont pas forcément des "péchés", mais il m'atteignent ! Et ils peuvent m'induire à pécher si je n'y réponds pas de la bonne manière.

Quand je conseille une personne confrontée à ce genre de conflit, je mets en avant deux principes bibliques. Le premier nous invite à nous « supporter les uns les autres » (Col. 3 :13) et le second nous exhorte à fermer les yeux sur les offenses mineures (Prov. 12 :16, 17 :9, 19 :11). Mais comment savoir quand il faut fermer les yeux sur une offense ? J'ai remarqué qu'il était utile d'attendre 24 à 48 heures. Si, après un ou deux jours de prière spécifique je suis encore ennuyé(e) par ce que m'a dit ou fait quelqu'un, j'ai alors besoin de parler avec cette personne.

Je m'efforce aussi d'aider celui que je conseille à apprécier l'autre avec ses différences. Dieu a créé les êtres humains avec une grande variété de tempéraments, de dons, de talents et de goûts. En tant que chrétien en croissance spirituelle, si je comprends que les personnalités dans leur immense diversité sont complémentaires, et que cela est voulu de Dieu, je serai plus à même de supporter ceux dont les comportements m'irritent.

2 - Prenez garde à vos attentes

Beaucoup de conflits naissent parce que l'autre ne réagit pas selon mes attentes. Une attente déçue se reconnaît aux sentiments de peine ou de colère que je perçois alors. Quand ceux que je conseille traversent ces émotions, je leur pose des questions leur permettant d'en identifier l'origine :« A votre avis, pourquoi êtes-vous déçu ? Que désireriez-vous trouver de différent dans cette situation ou chez cette personne ? Vos attentes sont-elles réalistes ? » Petit à petit, ceux que j'aide vont apprendre à se poser eux-mêmes ces questions, et vont pouvoir ainsi reconnaître et modifier toutes leurs attentes injustifiées, avant que déceptions et conflits ne s'installent.

3-Précisez votre objectif

Il faut aider ceux que je conseille à faire la différence entre solution et réconciliation. La solution, consiste à trouver un accord sur une question. Alors que la réconciliation cherche à apporter paix et pardon dans la relation. Un conseiller peut élargir le point de vue de la personne qu'il suit en l'aidant à envisager des situations où deux personnes vont simplement voir les choses de manière différente. Face à un conflit mineur ou a un malentendu, je dois encourager celui que je conseille à se concentrer d'abord sur la restauration de la relation et sur la reconnaissance des offenses afin de pouvoir pardonner. Ensuite, si cela est possible, les personnes impliquées peuvent discuter du problème. Toutefois, pour conserver leur relation, ils pourraient être amenés à accepter leur désaccord.



4-Admettre les blessures du passé

Les conflits non résolus du passé peuvent affecter les relations présentes d'une personne. Pendant que j'aide l'autre à travailler sur ses difficultés relationnelles, je dois demander au Seigneur de me montrer, ainsi qu'à la personne que je conseille, la racine du problème. Il y a quelques années, j'étais conseiller dans un centre d'accueil, et il y avait une jeune femme qui était en conflit avec un collègue de travail. En en parlant, elle a reconnu que nombre de ses problèmes présents lui rappelaient des relations conflictuelles dans sa famille. Le fait de reconnaître cela l'a aidée à restaurer la relation avec son collègue de travail. Je l'avais aussi encouragée à parler avec les membres de sa famille, à la fois de ce qui l'avait blessée et de ce qu'elle avait pu faire pour les blesser.



5-Dépendre de Dieu

Il est certain que je dois faire des efforts pour restaurer mes relations. Mais en fin de compte, seul Dieu est capable de me faire vivre en paix avec les autres. En plus d'accompagner celui que je conseille dans ces principes pratiques de résolution des conflits, je dois aussi lui apprendre à dépendre de Dieu pour résoudre ses difficultés relationnelles. Ce faisant, il va découvrir que les conflits, bien que déplaisants, sont aussi des occasions de grandir.



Article écrit par Harold Vital-Herne pour Aleloo.com version originale ici

Traduit de l'anglais par Evelyne Bosshardt