L'Eglise camerounaise dénonce des manipulations dans le processus éléctoral
par Rédaction | vendredi 14 juillet 2006 | article lu 1290 fois
L’église catholique du Cameroun a récemment rendu public des propositions pour l’organisation d' élections transparentes. Un texte qui aidera à « parvenir à la démocratie authentique, gage de paix et de prospérité ».
Deux documents ont été rendus public : le rapport de l’observation de l’élection présidentielle d’octobre 2004 et deux propositions de lois en vue d’amender la législation électorale camerounaise.
Le rapport des présidentielles de 2004 est une évaluation de l’ensemble du processus électoral. Il montre, avec exemples à l’appui, qu’avec le non-respect de la loi électorale et la non-participation de l’ensemble du corps électoral, les électeurs n’expriment pas souverainement leur volonté par le scrutin. Le document étale ainsi une pléthore d’irrégularités notables tout au long du processus électoral. Du début des opérations préélectorales jusqu’à la phase post-scrutin: tout est manipulation et flou organisé.
Les hommes d’église pointent du doigt la constitution des listes fictives, les inscriptions sur les listes après la convocation du corps électoral, la campagne électorale le jour du scrutin, l’achat des consciences des électeurs, le non-respect des heures d’ouverture et de fermeture des bureaux de vote, l’insuffisance des bulletins de vote, les votes multiples et les votes sans carte électorale…sont autant d’irrégularités observées pendant les présidentielles de 2004.
En étudiant les insuffisances des lois électorales du Cameroun, l’Eglise catholique expose deux propositions de lois. L’une portant sur un code unique, et l’autre sur la création d’un organe indépendant chargé de la gestion de l’ensemble du processus électoral. Ces deux propositions de lois contiennent 167 articles, contre 465 existants, lois, décrets et arrêtés confondus. La conférence épiscopale conclut « une surabondance de lois a tué la loi au Cameroun ».
Pour ce qui est de la création d’un organe indépendant, l’Eglise catholique propose un Office National des Elections (ONEL), à la place de l’Observatoire National des Elections (ONEL). Cet organe « sera en mesure de veiller au respect de la législation électorale par les autorités civiles et militaires de l’Etat, les partis politiques, les membres de la société civile, les candidats aux élections, et les électeurs. »
Tous les regards sont tournés vers le gouvernement, à qui revient l’adoption par l’Assemblée Nationale et surtout, la mise en application de toutes ces propositions. Les échéances électorales de 2007 nous le diront clairement.
De notre correspondant au Cameroun: John K. Kamga
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