Bruits de guerre au Proche-Orient
par Ricardo Matalbert | lundi 24 juillet 2006 | article lu 1443 fois
L’enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah, le 12 juillet dernier, fait petit à petit glisser le Proche-Orient dans une guerre dont nul ne saurait en prédire l’issue et les conséquences pour le monde. La riposte israélienne que d’aucuns jugent disproportionnée ne faiblit pas et les forces militaires mobilisées s’amplifient jour après jour.
Alors que la diplomatie commence à bouger l’espoir de voir un cessez-le feu immédiat s’appliquer est mince. Le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, l’a même clairement déclaré : « Le processus diplomatique n'empêchera pas la poursuite des efforts pour détruire les infrastructures terroristes et tout le processus va durer très longtemps ». Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine, attendue aujourd’hui à Jérusalem ne dit pas non plus autre chose. Même si elle semble admettre « l’urgence d’un cessez-le-feu », elle insiste sur le fait que celui-ci doit être « viable ». Les intérêts d’Israël et des Etats-Unis convergent. Du moins pour le moment. Les Américains voient dans cette situation, en effet, l’opportunité de détruire une fois pour toute le Hezbollah, bras armé de ses ennemis, la Syrie et l’Iran. Pour Israël donc, et peut-être aussi pour les Etats-Unis, le Hezbollah devra être désarmé avant tout cessez-le-feu.
Le parti de Dieu (Hezbollah), a vu le jour en 1982 avec le soutien financier et militaire de l’Iran surtout et de la Syrie dans une moindre mesure. Le Hezbollah est aussi bien une force militaire autonome avec un arsenal impressionnant qu’un parti politique libanais. Selon certains spécialistes, le mouvement chiite peut mobiliser dans tout le Liban près de 6 000 combattants. Et il dispose de plusieurs centaines de commandos parfaitement entraînés et bien organisés. Il détiendrait pas moins de 15 000 missiles dont une centaine en mesure de frapper Tel-Aviv. Enfin, le Hezbollah recevrait de 120 millions à 200 millions d’euros par an de l’Iran. Sur le plan politique, le Hezbollah possède depuis l’an dernier 14 sièges sur 128 au parlement libanais. Ce qui lui permet d’avoir deux ministères (dont celui des affaires étrangères) au sein du gouvernement du pays. Sa base électorale est estimée généralement à un tiers de la population libanaise, des chiites.
Le Liban compte 59% de musulmans et 39% de chrétiens. Ces deux religions ont montré ces dernières années qu’elles pouvaient cohabiter paisiblement. Ce qui représente un espoir comparé à d’autres pays arabes. Mais le conflit actuel rappelle la tristement célèbre « guerre du Liban ». Nous retrouvons aujourd’hui, pour ainsi dire, les mêmes belligérants qu’hier. Le risque d’une extension du conflit à d’autres pays n’est pas négligeable. Les enjeux en questions vont bien au-delà de la libération des deux soldats. C’est dorénavant une guerre par procuration de l’Iran et de la Syrie contre Israël et les Etats-Unis. La domination du Moyen-Orient en est l’enjeu véritable.
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par Ricardo Matalbert | Moyen-Orient |
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