Etes-vous susceptible ?
par Olivier Moulin | lundi 24 juillet 2006 | article lu 8105 fois
Nous souhaitons tous être heureux en mariage, fécond en amitié et monter toutes sortes de projets fructueux. Mais parfois, notre caractère susceptible et prompt à l’offense nous empêche de mener cette vie saine et féconde.
Certaines personnes vont de travail en travail, d’amis en amis, de projet en projet, d’église en église, de mariage en mariage, etc. Tout ce qu’ils entreprennent ne tient pas car dès que surgit une situation qui les blesse, ils prennent la fuite et recommencent ailleurs, pensant que les choses iront mieux la fois suivante. Seulement, la fuite n’est pas une solution car c’est notre tempérament susceptible et fragile qui a besoin d’être traité.
Bien souvent, ces personnes justifient leur fuite en affirmant qu’untel en est le responsable. « Ah, si seulement j’étais mariée avec le bon mari ! » Ou encore : « Si mon église était plus spirituelle, alors je pourrais vraiment avancer ! », « Si j’occupais un autre emploi, je travaillerais bien mieux ! » etc. Les arguments ne manqueront pas. Le problème ne vient donc pas de ce que les situations sont mauvaises mais de la personne elle-même qui est émotive. Dès que surgit une parole ou une attitude blessante – ou ce qu’elle considère comme telle – la personne se fâche. Et puisqu’elle se sent rejetée, elle rejette à son tour en prenant la fuite.
Dans le film Bruce tout-puissant, Jim Carrey demande à Dieu « Seigneur, regarde ma vie, c’est une catastrophe. Fais un miracle ». Dieu, joué par Morgan Freeman, lui répond « Tu n’as pas besoin d’un miracle mais de devenir un miracle. » Nous sommes souvent l’auteur de nos problèmes plus que la victime. Cependant, nous pouvons aussi en devenir la clé pour les résourdre si nous adoptons un tempérament renouvelé par le Saint Esprit.
Votre mari, votre femme, votre pasteur, votre église, votre employeur ne sont pas parfaits mais vous ne l’êtes pas non plus. Là où il y a deux personnes commencent les problèmes mais par des réactions saines je peux « rendre le ciel sur terre ». Avant de changer les autres, je dois d’abord changer moi-même.
De notre réaction dépend notre bien-être
Les réactions de personnes qui « prennent facilement la mouche » les rendent semblables à des porcs-épics. De quelque côté qu’on les prenne, on se pique. Quoiqu’on leur dise, en bien comme en mal, elles se vexent. Et si on ne leur dit rien, elles se vexent également. De nombreuses personnes qui ont été tristement victimes et profondément blessées dans le passé fuient toute cellule humaine et restent cloîtrées chez elles de peur d’être à nouveau blessées. Seulement, en faisant cela, elles permettent au passé de dominer sur elles.
Un héros des temps bibliques s’est particulièrement distingué sur ce point. Il s’agit de Joseph. Alors qu’il était esclave d’un maître égyptien, la femme du maître invita Joseph à plusieurs reprises à coucher avec elle. Seulement, celui-ci ne voulait pas causer de tort à son maître et refusa ses avances. Vexée par ce refus, et pour se venger de lui, l’épouse fit croire à son mari que Joseph avait tenté de la violer. Ce qui était totalement faux. Plus tard, on enverra même Joseph en prison pour ce crime qu’il n’avait pas commis. Mais quelque chose nous dit que Joseph était très mature. Nous voyons cela au fait que, face à ce mensonge, Joseph n’a rien dit.
Joseph n’a pas laissé ses sentiments et ses émotions prendre le dessus. Savez-vous pourquoi ? Parce qu’il savait que son succès et sa promotion dans la vie ne dépendaient ni des hommes ni des circonstances mais de Dieu qui élève. Genèse 39.21-23 « L’Eternel était avec Joseph et il étendit sur lui sa bienveillance. Il lui fit obtenir la faveur du chef de la prison…L’Eternel était avec lui : L’Eternel faisait réussir tout ce qu’il faisait. »
Une personne offensée se confine dans son isolement
Par quoi peut-on se sentir offensé ? Par tout et n’importe quoi. Cela peut être la cravate d’untel, le fait qu’il fasse du bruit en mangeant, la doctrine de telle confession, la manière dont celle-ci organise ses réunions, dont elle chante, son dynamisme, le caractère vieux jeu de telle autre, etc. Le problème vient-il de notre manière de voir les choses ? Non, car nous avons le droit d’avoir notre propre opinion. Nous devons juste veiller sur nos réactions et nos émotions. Les blessures non résolues auront des répercutions destructrices sur nos relations sociales.
Nous pouvons devenir à ce point « imbuvable » que nous mettons les gens dans une position telle qu’ils nous rejetteront. Pourquoi ? Parce que nous les mettons mal à l’aise. Un caractère susceptible et irritable est une marque d’immaturité. Les enfants sont très susceptibles. Lorsqu’on les reprend, ils se fâchent et boudent alors qu’un adulte reçoit un ordre sans que cela froisse son orgueil.
Jésus était libre sur le plan des offenses. Après qu’il eut annoncé sa mort prochaine à ses disciples, ils se demandèrent qui était le plus grand parmi eux. Ils se moquaient visiblement que Jésus allait mourir mais il ne s’en est pas offusqué. L’offense est l’une des armes favorites du diable. Lorsqu’une une terre est fertile, il sait qu’il pourra semer des graines d’offenses et jouer avec l’imagination des gens dans le but de les dresser les uns contre les autres. « Regarde, soufflera t-il, cette personne a donné son numéro de téléphone à tout le monde sauf à toi. Elle ne t’aime pas. » Le diable va intervenir au niveau de votre imagination.
Une personne prompte à l’offense s’isole car elle a peur d’être à nouveau blessée et se coupe du canal duquel elle pourrait puiser une provision ou une source d’élévation gratifiante. Or, l’épanouissement et l’accomplissement individuel passe obligatoirement par une relation à autrui saine. Et pour y parvenir, il ne s’agit pas de changer obligatoirement notre manière de penser mais de veiller à ce que nos émotions ne prennent pas le dessus.
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par Olivier Moulin | Réflexions |
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