A.-Nicolas, qui es-tu ? Un musicien, un serviteur de Dieu ?

N.D.-Qui suis-je ? Bonne question ! En fait cela dépend à qui on la pose. A mes propres yeux, je suis un humain ayant atterri sur Terre il y a une trentaine d’années, qui se débat et essaie de s’en sortir, comme tout le monde. La Bonne Nouvelle est que Celui qui a tout pouvoir s’intéresse à moi et se sent concerné par mes difficultés et mes joies. A tel point que son amour sans limite et sans faille me pousse à l’aimer en retour et à le suivre. C’est là l’essentiel !



A-En parlant de "Bonne nouvelle": c’est le titre de ton album solo! Quelle est cette bonne nouvelle dont tu parles ? Qu'a-t-elle d'actuel, de pertinent ?

N.D.-Cette Bonne Nouvelle est ce regard venu d’en haut, ce message de salut, ce don de vie sans aucune retenue pour les hommes, prouvant l’amour d’un Dieu tout-puissant pour ses créatures qu’Il considère comme ses propres enfants. Jésus-Christ est venu pour nous montrer quel était le véritable amour, sans limite, donnant lui-même sa vie pour ses amis, ses frères, pour nous rendre libres. L’évangile, la Bonne Nouvelle, vient redéfinir la relation de l’homme avec son créateur et la transforme en relation filiale : quoi de plus merveilleux, quelle espérance pour l’avenir !



A-Comment annoncer l'Evangile à un monde sécularisé ? Par la musique ? Laquelle ?

N.D.-Pour annoncer une si bonne nouvelle, tous les moyens sont bons. Encore faut-il que les porteurs de cette bonne nouvelle n’en dissipent pas l’essence et la vie au profit d’une manière de faire. Et puis l’Evangile, la Bonne Nouvelle, doit trouver une bonne terre, un cœur réceptif et prendre racine dans une vie, une âme. Ensuite, elle peut grandir et commencer à porter du fruit. Ce n’est pas un message à faire passer, c’est un choix de vie, c’est un chemin à suivre. Le moins facile d’ailleurs... L’Evangile est porteuse de vie, et trouve tout son sens en donnant ou re-donnant la vie, la vraie ! La Bonne Nouvelle pousse l’homme à reconsidérer ses choix et sa vie pour l’amener à suivre la voie étroite conduisant à une rencontre intime avec le Père.



A.-Ton style musical est-il le plus approprié ? Nos contemporains sont-ils prêts à entendre parler de Jésus sur autre chose que du Gospel ?

N.D.-Je n’aime pas parler de « style » musical. Je trouve que c’est tellement restrictif en musique. La musique est certainement le meilleur raccourci pour aller droit au cœur ! J. S. Bach a écrit : « Je joue les notes telles qu’elles sont écrites, mais c’est Dieu qui fait la musique. » Le Gospel est devenu un style de musique, générateur de profit par ailleurs, et c’est bien dommage. La musique chrétienne, ce doit d’être avant tout une musique inspirée, porteuse de vie. Ensuite, peu importe le style. Tous les moyens sont bons pour porter une telle espérance que les gens d’aujourd’hui ont tellement besoin d’entendre. La vie n’est plus la même quand elle est « recentrée » sur Dieu.



A.-Le "rock chrétien" va-t-il finir par trouver sa place sur la scène musicale et dans les Eglises ?

N.D-Sujet tellement sujet à des discutions sans fins … et à des conflits entre générations ! Jésus-Christ a dit qu’on reconnaîtrait ses disciples par l’amour qu’ils auront les uns pour les autres. Je peux très bien ne pas être d’accord avec ce que fait mon frère, ou ne pas avoir les mêmes goûts, être d’une autre génération, mais d’ici à remettre en cause ce qui fait de nous des frères, c’est autre chose. Encore une fois, si la musique est inspirée, elle portera du fruit, quoi qu’on en pense. Dieu Lui-même arrosera la plantation de vie.



A.-A travers le rock chrétien notamment, les évangéliques font beaucoup parler d'eux ces derniers temps, mais ce n'est pas toujours en bien... Pourquoi ?

N.D.-La France est en quelque sorte un désert spirituel où parler de Dieu est tabou. Je crois tout simplement que les protestants en France sont muets ou presque… Ils ne s’expriment que très peu, ne prennent pas position contre, ou pour. Ils sont en minorité « absolue » ! Alors, ce sont les autres qui parlent de nous, mais avec des clichés tout faits qui nous viennent des U.S.A et qu’on ne devrait pas appliquer en France à cause de la différence de culture.

Propos recueillis par Thierry Hernando.

Label 7, « Pour tout recommencer ».

Avec un son un peu plus métallique, des voix plus rock (et rauques) qu’avant leur séparation, quelques cheveux gris en plus, revoilà Label 7. Qu’importe les années : ça fait franchement plaisir de tout recommencer avec eux ! Cette cuvée 2006 est un bon cru, pas de doute. La guitare bien électrique ne couvre pas les autres instruments et l’ensemble reste très mélodique, très harmonieux. Une bonne rythmique, mais aussi des paroles intelligentes, très positives, qui n’agressent pas, même si elles interpellent : les textes, sans être toujours très directs, véhiculent le message de l’Evangile avec tact. De quoi atteindre les oreilles non encore initiées. A écouter en priorité : « Pour tout recommencer », titre phare de l’album, mais aussi « La cité des anges », et puis... tout l’album, tiens ! A s’offrir pour le plaisir ou à offrir à ceux qui aiment le rock et cherchent un roc sur lequel appuyer leur vie.

www.label7-legroupe.com