Son fils n’a pas de certificat de naissance et donc pas d'existence légale.

Monsieur Eyvazov n’a pas du tout oublié de se rendre aux autorités locales de la ville pour déclarer la naissance de son fils. Il y est allé le 21 juin. Fièrement, il épelle le prénom que son épouse et lui-même ont choisi pour leur fils : « Ilya ». Réponse sans appel de l’officier de l’état civil : « impossible ». Il refuse d’inscrire le prénom de l’enfant. Quand le père lui demande pourquoi, la réponse de l’officier de l’état civil est simple « parce que c’est un prénom chrétien. » Novruz Eyvazov repart donc sans certificat de naissance.

Ilya est la forme russe du prénom Elie. Les parents du bébé sont des chrétiens baptises. Minoritaires dans un pays où la population est à 96 % musulmane. Le christianisme est perçu comme la religion des étrangers et se détourner de l’Islam pour devenir chrétien est considéré comme une trahison nationale. Sans certificat de naissance, le petit Ilya ne peut recevoir aucun soins médicaux, ni aller à l’école et encore moins sortir du pays. Ces parents ne sont pas inquiets ils disent qu’ils « ont confiance en Dieu pour toutes choses. »

Et ce n’est pas la première fois que les parents Eyvazov rencontrent ce type de problème, ils ont déjà deux fils. Moisei (Moïse) aujourd’hui âgé de huit ans, a attendu trois mois avant d’avoir son certificat. Luka leur second fils, âgé de trois ans, a attendu 18 mois avant d’obtenir le sien. Mehman Soltanov du ministère de la justice, a assuré à Compass Direct, qu’il allait résoudre le problème rapidement. Même s’il ne comprend pas l’obstination des chrétiens à vouloir donner à leurs enfants des prénoms étrangers. Est-ce une obligation de « leur secte religieuse » de donner un prénom étranger à leurs enfants ? Le pasteur de l’église baptiste de la ville d’Aliabad a dit qu’au moins cinq familles de sa congrégation sont dans la même situation que les parents du petit Ilya.

source: compass direct.