Sœur Pilar Vilasanjuan, de la Congrégation Jésus et Marie, missionnaire espagnole à Lahore au Pakistan, a affirmé que pour la minorité chrétienne, il est « difficile de vivre ». Ce dont ont le plus besoin les missionnaires qui travaillent dans les pays musulmans, ce sont les prières.

« Les chrétiens souffrent ici tous les jours, non pas du fait du manque de nourriture ; ils ont de quoi manger, mais ils sont chassés des usines parce qu’ils sont chrétiens ; c’est une situation terrible impossible à expliquer », a-t-elle affirmé, en insistant sur la nécessité de la « tolérance » et de la « réciprocité ». Dans une conversation téléphonique depuis Lahore, il y a quelque temps, la religieuse affirmait : « Il y a cinq minutes j’ai conduit hors du pays une famille menacée parce qu’elle était chrétienne ».

Sœur Pilar a également critiqué l’attitude de l’Europe à l’égard de l’islam : « En Europe nous ne sommes pas soutenus, on soutient l’islam ; mais plus ils obtiennent là-bas de considération, plus ils sont durs à notre égard ici ».

Tandis qu’en Europe on continue à construire des mosquées, commente la missionnaire, elle « a vu tomber les croix de toutes les Eglises ; ils veulent que nos temples aient des toits plats, sans croix, afin que l’on ne remarque pas que ce sont des églises ».

« J’aime ce pays, poursuit sœur Pilar, mais quand on parle de foi il n’y a pas de respect ». La religieuse a exprimé son désir de vivre parmi les musulmans, en les aimant et en les respectant, mais elle demande « la même chose pour nous ».

Sœur Pilar est convaincue que les missionnaires dans ces pays ont avant tout besoin de prières. « Aujourd’hui être missionnaire dans certaines régions est dangereux », et les prières aident « à aller de l’avant », affirme-t-elle. « Les intolérances, reconnaît-elle, se multiplient en vengeances, grandes ou petites ».

EEMNI.

5 novembre 2006 Dimanche de l'Eglise Persécutée

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