Il y a quelques mois, ils ont effectué un voyage à Silivri, (72 km à l’ouest d’Istanbul) pour rencontrer des étudiants et un professeur qui en avaient fait la demande.

C’est apparemment à cause de ce voyage que le 11 octobre dernier, tôt le matin, des gendarmes se sont présentés au domicile de Hakan situé dans la banlieue d’Istanbul. Longuement interrogés par les officiers militaires, les deux évangélistes ont appris qu’ils étaient accusés d’avoir dénigré l’identité turque, violant l’article 301 de la Constitution du pays. On reproche aussi aux deux chrétiens d’origine musulmane d’avoir injurié l’islam (article 216) et d’avoir récolté des renseignements confidentiels sur les citoyens (article 135). Pour chaque accusation, ils sont passibles d’une peine de trois ans de prison. (Ndlr: ils risquent donc 9 ans de prison)

Leur procès, très médiatisé a débuté jeudi dernier. Quand Hakan et Turan sont sortis du palais de justice de Silivri, de nombreux journalistes les attendaient. « Nous avons été accusés simplement parce que nous sommes des chrétiens et que nous avons effectué un travail de missionnaires » a déclaré Hakan Tastan devant les micros. « Nous ne forçons personne à se convertir au christianisme, mais si le Seigneur le permet, nous continuerons à proclamer notre foi. » Un groupe d’ultranationalistes étaient aussi présents, lançant des slogans hostiles aux activités missionnaires. L’Union européenne a demandé à plusieurs reprises à la Turquie de modifier ou d’abroger l’article 301 qui restreint la liberté d’expression. En 16 mois, une centaine de personnes, dont d’éminents intellectuels, a été accusée d’avoir « insulté l’identité turque ».

spcm.org/Portes Ouvertes