Reportage diffamant de TF1: Le CNEF réfléchit aux suites à donner et pourrait saisir la HALDE
par Nicolas Ciarapica | vendredi 12 janvier 2007 | article lu 1232 fois
Le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF), regroupant les principales dénominations évangéliques de la nation, s'est réuni hier et avant hier pour discuter des questions du moment. L'une d'elles concernait le reportage diffamant de TF1 contre les "sectes évangélistes''".
Insistant sur la terminologie en iste, comme pour mieux les assimiler aux islamistes et induisant par là que ces "sectes" seraient contrôlées par les USA, la première chaîne de télévision française avait livré à un public nombreux (TF1 réalisait 97 des 100 meilleures audiences de l'année 2006) un beau morceau d'anthologie désinformative. "Il ne faut pas laisser passer cela", résume Alain Stamp, porte-parole de la Fédération Evangélique de France. Laisser passer le grave dérapage de TF1 créerait selon lui une brèche dans laquelle s'engouffreraient d'autres journalistes, pas très sérieux dans leur travail d'investigation.
Ainsi le CNEF a chargé plusieurs associations membres des Assemblées de Dieu de France (FNADF), de la Fédération Evangélique de FEF (FEF) et de l'Alliance Evangélique de France (AEF) de réfléchir aux suites à donner. Pourrait éventuellement s'ensuivre un dépot de plainte auprès de la HALDE, l'organisme chargé d'arbitrer les atteintes aux minorités.
Comme des dizaines de personnes qui s'étaient plainte auprès du service téléspectateur de la chaîne, l'attaché de presse de la FEF a reçu le communiqué laconique de TF1 envoyé à la cantonnade mardi matin 9 janvier (voir ci-dessous). "TF1 s'enferre dans son discours", affirme Alain Stamp. "Les 1500 églises évangéliques qui ne sont pas membres de la Fédération Protestante de France (FPF) sont donc des sectes, selon eux!"
Alain Stamp relève également le manque de sérieux de cet étrange reportage intitulé "L'enfance volée", mais qui ne fait pas une seule fois référence à... l'enfance.
Toutes les associations évangéliques qui le souhaitent ont la liberté de saisir massivement la HALDE sur la page prévue à cet effet.
La vidéo du JT de 20H de TF1 le 17/12/2006
(transcription du reportage en fin d'article)
Cliquez pour voir le reportage de TF1, le 17/12/2006.
La réponse du service téléspectateur de TF1
De : "TELESPECTATEURS, -" <telespec@tf1.fr> Date : Tue, 9 Jan 2007 09:29:14 +0100 À : "J & F leflaec" <xxxxxx@wanadoo.fr> Objet : RE: réaction
Bonjour,
Nous avons bien pris connaissance de vos remarques et suggestions à propos du reportage sur le prosélytisme des sectes en France.
Nous les transmettons pour information à la Rédaction de TF1 et aux journalistes qui ont réalisé ce reportage.
Celui-ci a été réalisé suite à l'annonce de la commission parlementaire sur les sectes qui va présenter son 3ème rapport portant sur les mineurs victimes des groupes sectaires et intitulé « L'enfance volée ».
Il traitait principalement des nombreuses associations, considérées comme des sectes, qui cherchent par tous les moyens à recruter des nouveaux adeptes.
Nous vous rejoignons totalement sur l'importance de la distinction à faire entre les groupes sectaires et les églises évangéliques au sein de la Fédération Protestante de France.
Nous regrettons vivement qu'une mauvaise interprétation ait pu avoir lieu et en vous remerciant de votre vigilance, nous vous prions de croire à l'assurance de toute notre considération.
Cordialement,
Le Service Accueil des Téléspectateurs
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Transcription du reportage "L'enfance volée", JT de 20H, TF1 le 17/12/2006
En France, la commission parlementaire sur les sectes présentera mardi son 3e rapport portant sur les mineurs victimes des groupes sectaires. Rapport intitulé « L'enfance volée ». Il faut dire que les nombreuses associations considérées comme des sectes cherchent par tous les moyens à recruter de nouveaux adeptes. Un prosélytisme actif qui suscite bien des inquiétudes comme nous l'expliquent Patrick Ninine et Sylvain Dhollande.
« Ces jeunes musulmans prêchent en pleine rue. Le prosélytisme et le recrutement de nouveaux croyants une pratique qui n'est autorisée que pour les religions reconnues. En revanche, la propagande pour les sectes est totalement illégale. Ainsi, ces Témoins de Jéhovah qui tentent de nous convertir, enfreignent la loi. Ils nous offrent une revue et nous annoncent une fin du monde imminente. Ces mouvements sont très actifs. Le quartier de la Noue à Bagnolet et banlieue parisienne. En trois ans, trois groupes évangélistes considérés comme des sectes se sont installés dans les sous-sols de l'immeuble. Ils sont locataires ou propriétaires d'anciens locaux commerciaux transformés en salle de prière.
Ils n'ont aucune autorisation de la mairie. Certains jours, on dénombre jusqu'à 700 convertis. 3 000 habitants aux revenus modestes vivent ici. Les adeptes font du porte à porte, distribuent des tracts. Leurs représentants sont devenus si influents qu'ils s'invitent désormais aux réunions de quartier et revendiquent leur utilité.
Didier Idjadi (adjoint vert au maire de Bagnolet) : « Pour justifier leur présence, ils ont commencé à dire que, effectivement depuis qu'ils sont là, le niveau de la délinquance est tombé donc ils voulaient nous dire qu'effectivement, ils s'occupent des jeunes, ils s'occupent des familles qui sont en difficultés. »
Cet étudiant toulousain s'est converti à une secte évangélique qui cible tout particulièrement le milieu des étudiants. Il s'en est sorti. Il connaît bien les méthodes de recrutement pour les avoir pratiquées. En fait, il ne vivait plus que pour cela. Sheady Thabet : « On ne fait plus rien en fait, aller voir un ami, tout ça, on va croire qu'il est attaqué par Satan et que forcément c'est un danger pour nous. Donc on ne parle plus. La seule chose, je lui parle de la Bible, de Dieu et après, de le ramener à l'assemblée. »
Le prosélytisme prend des formes diverses : courriers personnalisés, l'Internet, annonce dans les journaux. L'UNADFI, association qui défend les victimes de sectes, recense plus de 250 000 adeptes et prosélytes de sectes. L'UNADFI reconnaît qu'il est impossible de maîtriser la prolifération de ces mouvements. Catherine Picard (président de l'UNADFI) : « Les groupes qui proposent de la marchandise en quelque sorte, sont extrêmement plus nombreux qu'ils l'étaient il y a quelques années. »
En trente ans, le nombre d'églises catholiques en France n'a quasiment pas changé. Durant la même période, il s'est crée environ 1 000 lieux de culte évangéliques considérés comme un mouvement sectaire. Ce courant autrefois minoritaire compte aujourd'hui les 2/3 des lieux de prière protestants.
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par Nicolas Ciarapica | Actualités Religieuses |
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