Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur indien, entre 1950 et 1998, seules 50 attaques antichrétiennes ont été répertoriées dans tout le pays. Depuis 2001, on comptait chaque année environ 200 attaques anti-chrétiennes.

En 2007, le gouvernement fédéral a créé un Ministère des minorités (Ministry of Minority Affairs), mais paradoxalement, il y a eu l'année dernière, plus de crimes commis contre les chrétiens que les années précédentes.

Les principales associations chrétiennes** du pays attribuent cette augmentation des violences aux extrémistes hindous, comme le Vishwa Hindu Parishad (VHP Association hindoue universelle) ou le parti politique Bharatiya Janata Party's (BJP Parti du peuple indien) qui utilisent des arguments anti-chrétiens dans le but de conquérir le pouvoir en Inde. Et ces arguments ont convaincu : en 2007, le BJP a gagné les élections dans quatre Etats indiens battant le Parti du Congrès dans les Etats de Uttarakhand, Punjab et Himachal Pradesh et confortant sa position dans le Gujarat.

Dans ces Etats, la liberté religieuse est mise à mal par l'idéologie nationaliste hindoue appelée hindutva selon laquelle l'Inde est une nation hindoue, écartant de fait les minorités religieuses. L'hindutva s'oppose notamment à la conversion au christianisme des dalits ou intouchables, car en faisant cela, ils sortent du système des castes.

Cette question est tellement épineuse que la Cour suprême indienne n'ose pas l'aborder. L'année dernière, elle a ajourné pour la neuvième fois consécutive une audience sur les droits des intouchables chrétiens. On en compte environ 16 millions dans tout le pays.

  • L'article 25 de la Constitution indienne garantit la liberté de conscience et le droit de professer, pratiquer et partager librement sa religion à tout citoyen.


**All India Christian Council, Catholic Bishop's Conference of India et Christian Legal Association.

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